mardi 4 juillet 2017

Lecture suivie de L’amour et l’Occident, de Denis de Rougemont (Livre I)



Avec l’hégélianisme, nous avons vu à quoi ressemblait la conception idéaliste de l’histoire sous sa forme la plus aboutie. Mais elle peut prendre des formes autrement plus subtiles, pseudo-scientifiques. C’est ce que nous allons voir à travers la lecture d’un ouvrage, fort érudit et rigoureusement construit, L’amour et l’Occident de Denis de Rougemont.

dimanche 4 juin 2017

La Raison dans l'Histoire, de Hegel


On a vu, avec Agamben, l’influence historique de l’idée d’un gouvernement providentiel du monde. Hegel, dans l’ouvrage qui expose sa philosophie de l’histoire, évoque explicitement cette notion (cf ci-dessous p.60), mais affirme que la fidélité à la foi chrétienne impose d’aller plus loin. Hegel ambitionne d’exposer le contenu « concret » du gouvernement providentiel du monde. L’hégélianisme forme donc l’expression la plus aboutie, la plus honnêtement religieuse, –la plus lyrique aussi- d’une conception idéaliste de l’Histoire (l’idée gouverne l’histoire et l’histoire manifeste la réalisation d’une idée).

vendredi 19 mai 2017

La fin des corporations, de Steven L. Kaplan

La fin du XVIIIème siècle s’accompagna en France d’un ensemble de transformations socio-économiques (amélioration de la productivité agricole menant à une diminution de la main d’œuvre nécessaire et à un exode rural), technologiques (Révolution industrielle) et juridiquo-politiques, qui conduisirent à la formation d’une économie de marché reposant sur l’égalité juridique des individus et l’essor de la condition salariale (ce que les marxistes nommeraient la naissance du capitalisme).

jeudi 27 avril 2017

Les Français, la Terre et la Mer

Louis Philippe Crépin, Bataille navale pour les îles de Loz, [opposant la frégate française l'Aréthuse à une frégate anglaise], 7 février 1813
Carl Schmitt, on l’a vu, envisageait l’histoire mondiale comme « l’histoire de la lutte des puissances maritimes contre les puissances continentales et des puissances continentales contre les puissances maritimes ».
Il peut dès lors être intéressant de se demander quelle est la situation de la France dans une telle histoire. Le caractère maritime de notre pays, souvent oublié ou négligé, est en même temps un enjeu de la compréhension de notre passé, et de la détermination de notre présent et notre avenir.

samedi 8 avril 2017

La Raison de Rome. Naissance de l’esprit critique à la fin de la République, de Claudia Moatti

On présente volontiers la civilisation romaine de l’Antiquité comme une civilisation martiale, païenne (le dieu de la guerre, Mars, y fut vénéré et loué sans commune mesure avec son équivalent grec, Arès), militarisme auquel devait contribuer même une partie de sa philosophie ; une civilisation fortement hiérarchique, qui inventa l’autorité (incarné par l’institution sénatoriale) comme principe de gouvernement (cf Hannah Arendt, « Qu’est-ce que l’autorité ? » in La Crise de la Culture), là où les Grecs inventèrent la démocratie et la remise en question de la tradition au profit de l’interrogation illimitée (ce que Cornelius Castoriadis a appelé le principe d’autonomie).

jeudi 23 mars 2017

La cité divisée. L’oubli dans la mémoire d’Athènes, de Nicole Loraux



« Pour désigner la sédition, la révolution dans la cité, les Grecs usent du mot de stasis qu’ils ont emprunté à la racine la plus évocatrice des idées de fermeté, de permanence, de stabilité. Comme si la stasis était chez eux une institution. »
-H. Van Effenterre.


« Le meurtre de deux frères, tombés sous des coups mutuels, c’est là une souillure qui ne vieillit pas. » (Eschyle, Les Sept contre Thèbes, 681-682)