jeudi 23 mars 2017

La cité divisée. L’oubli dans la mémoire d’Athènes, de Nicole Loraux



« Pour désigner la sédition, la révolution dans la cité, les Grecs usent du mot de stasis qu’ils ont emprunté à la racine la plus évocatrice des idées de fermeté, de permanence, de stabilité. Comme si la stasis était chez eux une institution. »
-H. Van Effenterre.


« Le meurtre de deux frères, tombés sous des coups mutuels, c’est là une souillure qui ne vieillit pas. » (Eschyle, Les Sept contre Thèbes, 681-682)

jeudi 2 mars 2017

Présidence Hollande : l’heure du bilan a sonné

« Gagner pour faire quoi ? Rééditer 1997-2002 ? […] François Hollande n'aura pas une heure d'état de grâce. La France peut-elle se permettre d'avoir un nouveau pouvoir dont elle n'attend rien ? » -Laurent Bouvet, « Le peuple est devenu un problème pour la gauche », Entretien avec Bernard Poulet, 26 janvier 2012.

mercredi 22 février 2017

Terre et Mer. Un point de vue sur l’histoire mondiale, de Carl Schmitt

Le mois dernier, nous avions parlé un peu de Kant, et de ce qu’était une histoire de l’humanité conçue de manière téléologique, (une philosophie de l’histoire en somme). Par contraste, l’ouvrage de Carl Schmitt intitulé Terre et Mer offre un point de vue a-théologique sur l’histoire mondiale. L’histoire n’y est pas la conséquence d’un « plan caché de la nature », mais bien le fait des hommes, des sociétés. Elle ne signifie rien et ne mène vers rien (privée de terme, elle ne peut donc être ni perpétuellement en progrès ni perpétuellement en déclin). Il est amusant de voir que pour le catholique Schmitt, l’histoire (du moins dans ce texte), n’est absolument pas gouvernée par une Providence. Dieu a été évacué, la logique du devenir historique repose sur les rapports de force immanents à l’humanité. Il s’agit donc d’une histoire à la fois pourvue d’une certaine intelligibilité (cf p.23) , mais a-signifiante. Sur ce point, Terre et Mer nous semble surpasser même le Manifeste communiste (les deux grilles de lectures n’étant pas incompatibles, commele souligne Laurent Henninger).

samedi 28 janvier 2017

Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, d’Emmanuel Kant


La rédaction par Kant de l’Idée d'une histoire universelle au point de vue cosmopolitique marque vraisemblablement la naissance de la philosophie de l’histoire, définit par Aron comme « interprétation globale du devenir humain qui dégage les grandes lignes de ce devenir et simultanément, la signification essentielle de ce devenir » (Raymond Aron, "Philosophie et Histoire". Cours, première diffusion le 02/12/1963 sur Radio Sorbonne, 1/5). Définition à laquelle il faut selon moi ajouter l’idée qu’un tel discours se veut philosophique, et non religieux (car un « linéarisme historique » de nature religieuse est présent dans le judaïsme et le christianisme, et dans des religions orientales encore plus anciennes, comme le Zoroastrisme. L’idée de sens et d’achèvement du devenir historique semble d’ailleurs purement monothéiste, les paganismes gréco-romains ou scandinaves, religions « cycliques » n’assignant pas de commencement ni de fin au monde –Ragnarök lui-même est suivi d’une renaissance du monde).

jeudi 1 décembre 2016

Trump et nous

Avec le Brexit, dont nous reparlerons bientôt, l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d’Amérique constitue certainement l’événement le plus important de l’année 2016. Ces deux événements ont sans nul doute ébréché la marche en avant de l’Empire euroatlantique. Ils marquent la fin de la première moitié du XXIème siècle, allant des attentats de 2001 aux guerres que l’Occident a mené en Afrique, en Syrie, etc.

lundi 14 novembre 2016

Le souverainisme libéral




Le débat politique est devenu si sommaire dans notre pays que l’on feint d’opposer souverainisme et libéralisme alors que les deux doctrines sont complémentaires.

lundi 3 octobre 2016

Montesquieu, par Alain Juppé


Lu Montesquieu (sous-titré, « le moderne »), réédition augmentée en 2015 d’une version datant à l’origine de 1999. Dans cet essai de qualité étonnamment bonne, M. Juppé vise un double objectif : rendre compte, sous la forme biographique, de notre connaissance historique de l’homme, et dégager les grandes lignes de l’œuvre afin d’y puiser des principes directeurs pour l’action. Ainsi, cet ouvrage nous en apprend non seulement beaucoup sur l’auteur de L’Esprit des lois, mais nous donne également d’abondants indices pour mieux se faire une idée de M. Juppé lui-même (ou du moins, de l’image qu’il a souhaité donner ici au public).

samedi 13 août 2016

L’Etat, d’Anthony de Jasay


S’il fallait comparer L’Etat d’Anthony de Jasay à un autre ouvrage de philosophie politique, ce serait au Contr’un (ou Discours de la servitude volontaire) de La Boétie. Dans un cas comme de l’autre, il s’agit à la fois d’analyser les formes et mécanismes du pouvoir politique (ce que font aussi Machiavel ou Arendt), mais -différence fondamentale entre philosophie et science politique-, il y a ici un parti pris normatif : celui de résister au pouvoir. On peut donc dire que De Jasay, en penseur libéral avisé, nous invite à connaître notre ennemi.

dimanche 17 juillet 2016

Le sommeil de la raison engendre des monstres :


« « C’est un tel choc. Je ne comprends pas pourquoi ce genre de choses arrive de plus en plus et en France en particulier. » témoigne Mikko Malkavaara, un Finlandais de 57 ans, qui a un pied à terre dans la ville. » (Le Courier de l’Ouest, n°21866, 16 juillet 2016, p.3)

« Vous ne pensez pas la guerre ? Alors vous ne pensez rien ! C’est terrible, vous savez, de ne penser rien. » -Léon Bloy, détourné.

vendredi 24 juin 2016

Brexit, le crépuscule de la servitude

« Courageux et libre, le grand peuple britannique vient de se hisser à la hauteur de son histoire et d’administrer une formidable leçon de liberté aux autres peuples du continent.
En ce 24 juin au matin, une chose est sûre : l’Histoire vient de basculer.
Non seulement le Royaume-Uni va reprendre sa liberté mais tous les peuples d’Europe, les uns après les autres, vont désormais exiger d’avoir aussi la même possibilité.
En sortant leur pays de l’infâme piège tendu par Washington depuis 1951, les Britanniques viennent de rendre au monde un service comparable à celui de 1940.
En ce 24 juin 2016 au matin, la prétendue « construction européenne » vient de commencer son effondrement final. »